Bruno Meyerfeld

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Bruno Meyerfeld

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@brunomeyerfeld

Ecrivain et journaliste | Auteur ✍️ Cauchemar brésilien + Kenya, les séismes du Rift | Passé par 🇧🇷 🇨🇳🇰🇪🇸🇴🇺🇬🇷🇼🇱🇧🇮🇩🇱🇹🇩🇰🇺🇸...

lemonde.frIngressou em abril de 2026
Visite exceptionnelle aujourd'hui du palais de l'Itamaraty de Rio, premier siège du gouvernement brésilien et ancien siège du ministère des affaires étrangères. Un lieu qui contient plusieurs trésors (thread)... 🧶
Rio, 21 degrés ciel bleu. Le carioca meurt de froid. Pulls, pantalons. Bonnets pour les enfants et doudounes pour les chiens. Plages très vides. Voix rauques, nez bouchés. Épidémie de rhume. "Tá brabo" ("c'est dur"), glisse une habitante. L'hiver n'a même pas commencé.❄️
La Police retrouve chez l'ancien ministre de la justice de Bolsonaro un document proposant à ce dernier d'instaurer une sorte d'état de siège autour de la justice électorale le jour du scrutin pour faire annuler et renverser les résultats donnant Lula vainqueur.
Première revelation de l'ère Lula : Bolsonaro a dépensé près de 20.000 € dans un modeste restaurant de Boa Vista en Amazonie avec sa carte de crédit présidentielle. Le plat du jour ("marmita") y coûte 3,6€. Ce qui donnerait près de 5500. Qu'evidemment il n'a jamais pu avaler...
Il est 20h33 à Brasilia. L'heure de souffler et de réfléchir. Cette journée fut l'une des plus noires de l'histoire du Brésil. Quatre décennies de redémocratisation ont été jetées par les fenêtres brisées des palais de la place des Trois Pouvoirs.
11 septembre 2019 : j'interview Lula en prison, à Curitiba. 1er janvier 2023 : je le vois prendre ses fonctions comme président, à Brasilia. A peine trois années séparent ces deux photos, ces deux moments décisifs. Quelle histoire. Et quel privilège d'être journaliste.
Lula a reçu l'écharpe présidentielle des mains d'un professeur, d'une éboueure, d'une personne atteinte de handicap, d'un metallo, d'un vigile, d'un cacique kayapo et d'un enfant noir. C'est quand même mieux que des mains de Bolsonaro
L'avion de Jair Bolsonaro, décollant vers les Etats-Unis. Le président est parti pour la Floride et ne participera pas à la transition. Cette image : celle d'une lourde page qui se tourne dans l'histoire du Brésil.
Mais mon Pelé préféré, c'est lui. Le gamin de 1958. La joie de jouer. Le rire de l'insouciance. D'un Brésil heureux et qui embrassait sa modernité, entre Brasilia et Bossa Nova. Un Brésil qui devenait universel.
J'ai prié pendant trois longues années pour voir cette rose du désert fleurir, en vain. Mais, soudain, quelque jours avant la victoire de Lula, sans prévenir, d'énormes fleurs rouges sont apparues. Je suis athée. Mais, tout de même, quel extraordinaire signe du destin...
Conclusion : Bolsonaro dit qu'il respectera la Constitution. La transition est engagée. Il appelle implicitement les camionneurs à cesser de bloquer les routes. Mais ne reconnais pas publiquement le résultat et ne félicite pas Lula.
Si on prend par régions, Lula ne l'emporte que dans le Nordeste. Partout ailleurs, Bolsonaro est majoritaire. Un constant : sans le Nordeste, l'extrême droite aurait gagné facilement la présidentielle.